Le Mal de Vivre

« Il pleure dans mon cœur comme il pleut sur la ville » disait Verlaine. Mais celle qui en parle le mieux c’est la Longue Dame Brune.

Ils ont beau vouloir nous comprendre
Ceux qui nous viennent les mains nues
Nous ne voulons plus les entendre
On ne peut pas, on n’en peut plus
Et tous seuls dans le silence
D’une nuit qui n’en finit plus
Voilà que soudain on y pense
À ceux qui n’en sont pas revenus

Du mal de vivre
Leur mal de vivre
Qu’ils devaient vivre
Vaille que vivre

Malibu

Le premier soir du couvre-feu, je rentrais de Lyon. Le train était quasiment vide et je laissais mon esprit vagabonder dans une demi somnolence puisque j’avais oublié mon livre en partant de chez l’amie qui m’avait hébergé. J’aurais pu traîner sur les réseaux sociaux mais je ne me sentais pas d’humeur à lire des débats stériles ou des théories du complots grotesques qui pourtant me font rire habituellement.

En arrivant, j’ai eu du mal à me tirer de cet état léthargique et je me dirigeais vers la sortie avec le cerveau pris dans une sorte de brouillard cotonneux quand quelqu’un m’a touché le bras. Je me suis demandé un instant quel auteur de rom-com avait pris possession des Moires : Clotho avait-elle picolé ? Lachésis était-elle sous l’emprise de la drogue ? Atropos ne pouvait-elle pas mettre fin à ma vie immédiatement ?

Analyse visuelle rapide : elle a (un peu) grossi, elle a vieilli (moi aussi, sept ans c’est long), elle s’est coupé les cheveux, elle a toujours ce sourire craquant, elle a toujours ces lèvres charnues que j’aimais embrasser, elle s’habille toujours aussi mal et elle porte une alliance.

Passée la première surprise, je lui ai souri et ai engagé une conversation d’une banalité affligeante sur sa santé et celle de sa famille : sa débile de sœur s’était reproduite, sa salope de mère était en croisière, son enfoiré de frère était toujours un parasite vivant aux crochets de leurs parents et son père avait décidé de divorcer (je savais déjà, sept ans auparavant, que c’était un type intelligent qui n’avait rien à faire dans cette famille). La conversation était inintéressante au possible, j’essayais donc de me dégager en invoquant son train et mon obligation de rentrer à cause du couvre-feu mais elle m’a retenu : « Tu me manques, j’aimerais te revoir! ».

Je lui ai répondu, en pointant sa bague, qu’elle était mariée et que je ne couchais plus avec les gens en couple. Elle m’a regardé avec un sourire ironique en murmurant « Tu as changé! » avant de me planter seul sans un aurevoir. Je l’ai regardée s’éloigner et me suis rappelé que ce que j’avais aimé chez elle est cette absence de principe et de morale, cette liberté totale et cet égoïsme qui faisait écho au mien.

J’ai pris le métro et ai rejoint l’appartement. Il faisait froid quand j’ai poussé la porte d’entrée, j’ai posé mon sac et j’ai rejoint la chambre. Je me suis dépêché de me glisser sous la couette. Je me laissais aller dans le domaine d’Hypnos, prêt à céder aux avances de Morphée, quand un sms m’a réveillé. Il disait simplement : « C’est toi qui me l’a offerte! Connard! ».

Ce n’est pas possible de laisser les choses en l’état : il va vraiment falloir faire quelque chose au sujet des Moires…

Rien de tout ça n’avait plus d’importance, sept ans avaient passés et le temps avait fait son œuvre : je suis trop vieux pour ces conneries!

Sans répondre au message, j’ai pris l’ours Arthur dans mes bras en riant.

We are just like the waves that flow back and forth
Sometimes I feel like I’m drowning
And you’re there to save me
And I wanna thank you with all of my heart
It’s a brand new start
A dream come true

Une sorcière comme les autres

Celles qui t’engueulent parce que tu les appelles « Madame » et celles qui te fusillent du regard parce que tu les appelles « Mademoiselle« , celles qui te reprochent de leur parler et celles qui t’affichent parce que tu n’oses pas leur parler, celles qui t’aboient dessus parce que tu leur proposes de les aider et celles qui t’invectivent parce que tu ne les aides pas, celles qui ne parlent que de leur progéniture et celles qui ne vivent que pour leur boulot, celles qui n’existent que par leurs combats et celles qui choisissent une vie plus « traditionnelle », celles qui sont jolies et celles qui le sont moins, celles qui sont intelligentes et celles qui sont la vacuité incarnée, celles qui survivent aux pires traitement et celles qui n’ont pas eu (ou n’auront pas) cette chance, celles qui naissent avec le bon corps et celles qui doivent se battre pour que leur physique corresponde à qui elles sont, celles qui lisent Marcel Proust et celles qui adorent la collection arlequin, celles qui prennent les armes et celles qui attendent que les conflits cessent en priant, celles qui font le trottoir et celles qui prennent le voile… Elles sont multiples et je crois avoir toujours respecté les femmes jusqu’à ce soir…

Voir deux féministes s’insulter et traiter l’autre de connasse ou de salope parce qu’elles n’ont pas la même vision de leur combat est un spectacle assez affligeant.

Melody

Je crois qu’aussi loin que remontent mes souvenirs la musique a accompagné tous les moments de ma vie. Le point culminant de mon enfance a été le noël où j’ai reçu mon Mange-Disque Lansay rouge adoré (tu l’as ? Sinon tu es trop jeune et, comme je suis bon avec mes lecteurs, je te mets une photo)

Combien d’heure ai-je pu passer a écouter et réécouter des disques de Dorothée, Chantal Goya, Disney, la Compagnie Créole,… Couché sur la moquette de ma chambre, l’ours Arthur à coté de moi et un livre devant les yeux, j’enchaînais les 45T dans ma formidable machine comme… (Je vais laisser ici l’analogie qui m’est venue à l’esprit avec le plus vieux métier du monde : trop vulgaire!) Les 33T devaient être écoutés sur la platine de mon père que je n’avais pas le droit de toucher seul jusqu’au jour où il a acheté une chaîne-hifi et m’a fait « cadeau » (il s’est débarrassé sans avoir à passer par la case poubelle)  de sa vieille platine. Pauvre Mange-Disque qui fut abandonné…

J’ai commencé à piocher sans distinction dans la collection familiale et a écouter tout et n’importe quoi. Je passais sans transition de Jacques Brel au Requiem de Mozart, de Georges Brassens à Leonard Cohen, de Barbara à Barbara Hendricks (l’album Negro Spirituals fut l’un de mes plus grand coup de cœur), de Marie Laforêt à Cat Stevens, etc…

Et puis est venu le temps de ma première chaîne-hifi portable et là on va passer sur ma période Kurt Cobain où j’écoutais ses albums en boucle.

Ensuite, les 90s touchaient à leur fin et ce fut une véritable explosion musicale : Ray of Light de Madonna, The Miseducation of Lauryn Hill de Lauryn Hill, Clandestino de Manu Chao, Come on Over de Shania Twain, You’ve Come a Long Way, Baby de Fat Boy Slim, etc… Et sont arrivées les 2000s avec des trucs vachement plus honteux et difficiles à assumer : pour n’en citer qu’un je dirais Daddy DJ mais chut!

Et maintenant que les 2010 se terminent : James Bay, the Lumineers, the Tallest Man On Earth et quelques autres. Mais surtout je me rattrape sur pas mal de « vieux » trucs qui m’avaient échappés jusqu’ici : Dead Can Dance, Mike Oldfield, Joan Baez, Donovan, Nina Simone, etc.

Encore un an avant la nouvelle décennie musicale : Long Live the Music!

Universal Soldier

J’aime l’automne et ses nuances de bruns, d’ocres, de rouge, ramasser les châtaignes et les pommes puis les noix, me balader en forêt pour ramasser des champignons,  voir les hirondelles se rassembler sur les fils électriques comme prêtes à entreprendre leur long périple à tout instant.

J’aime l’hiver et le froid, m’emmitoufler dans des gros pulls en laine ou en cachemire, sortir les grosses écharpes, rester auprès d’un feu de cheminée en sirotant un chocolat chaud avec un roman, manger des plats trop riches qui te font sombrer dans une douce somnolence après le repas.

J’aime le printemps et la nature qui se réveille, les premiers rayons du soleil, les températures qui s’adoucissent, les arbres en fleur, les giboulées de mars, les premières fraises de mai, les cerises en juin.

Mais je n’ai jamais aimé l’été et ses barbecues accompagnés de leurs sempiternelles salades (de riz, de pâtes, de pommes de terre, de tomates mozzarella ou feta,…), la chaleur écrasante qui tue toute vie dans l’après midi, le ciel bleu d’une banalité affligeante, les apéritifs en soirée qui semblent s’éterniser, les vacances dans des pays « exotiques » dont on ne voit rien mais où il faut être allé !  La seule chose qui sauve l’été de mon point de vue c’est les champs de blés (ou d’orge, je ne suis pas sectaire) agités par le vent…

Enfant, il me séparait de mes copains. Adolescent, je me traînais sans savoir quoi faire de tout ce temps libre. Etudiant, il était trop long quand je travaillais et trop court quand je partais avec mes amis dépenser l’argent gagné. Je crois, en fait, que j’ai toujours détesté l’été mais cette année, encore plus que les autres, il me semble interminable! Que passe cette saison honnie et que je revive…

Certains font une déprime hivernale, moi c’est l’été et, pour ne rien arranger, je viens de lire l’un après l’autre La tombe des Lucioles de Akiyuki NOSAKA (dont Isao TAKAHATA à tiré son chef d’oeuvre Le tombeau des Lucioles) et A l’ouest rien de nouveau de Erich Maria REMARQUE (d’où la chanson qui sert de titre à ce post) qui ont encore aggravé le niveau exceptionnellement bas de mon moral.

The Ballad Of Lucy Jordan

Certains matins, tu as juste envie de ne pas ouvrir les yeux, de ne pas sortir de sous les couvertures et de ne surtout pas te lever. Pourtant, tu te forces, tu accroches un sourire à tes lèvres et tu donnes le change…

Et sans que tu t’en rendes compte le sourire se fige et donner le change devient une seconde nature. Et il y a de plus en plus de ces matins.

Vouloir à tout prix donner le change te pousse à enchaîner les mensonges pour faire croire que tout va bien et tu fais le vide autour de toi.

Alors le silence s’installe et tu prends le premier train pour te barrer loin et tu t’aperçois que finalement tout va bien, que ton sourire redevient naturel, que l’envie de faire plein de choses est toujours bien présente et que tu n’as pas besoin de te pousser pour te lever le matin même quand il s’agit de faire des trucs que tu n’aimes pas (même aider un pote à peindre son appartement)!

Tu n’es pas dépressif tu es juste entouré de GROS CONNARDS : ta hiérarchie, tes collègues, tes fréquentations, tes voisins, les gens qui habitent la même ville que toi, les vendeurs dans les magasins,…

BIENVENUE A PARIS QU’ILS DISAIENT!

Salut les amoureux

C’est une histoire banale, une rencontre qui ne portait pas à conséquence : deux solitudes qui se rapprochaient pour quelques heures de plaisir partagé (en langage vulgaire : un plan Q). Nous nous sommes croisés chez des amis d’amis, nous avons bu, nous avons fini la nuit dans son lit et, au petit matin, nous avons vécu ces instants de flottement que connaissent tous ceux qui partagent une nuit avant de se quitter avec dans l’idée de ne jamais se revoir.

Et puis le hasard faisant bien (ou mal) les choses nous nous sommes revus (Paris est un petit village, vous croisez toujours les même personnes) une fois, deux fois, trois fois… A la quatrième rencontre, nous avons échangés nos coordonnées et nous avons commencé à nous donner rendez-vous sans attendre que le destin fasse son oeuvre à nouveau. Il y a eu d’autres nuits, d’autres matins et, presque naturellement, il y a eu un soir où il a proposé de nous retrouver pour boire un verre. Les choses se sont enchaînées et notre relation a changé doucement sans à-coup, sans qu’on se donne la peine de réfléchir à ce qui se passait : des règles non-dites ont été instaurées, des habitudes ont été prises…

Peut-être avons-nous trop laissé les choses se faire d’elles-même mais je me suis aperçu que nous étions engagé dans une relation un dimanche matin quand il m’a embrassé en entrant dans sa cuisine alors que je préparais le petit déjeuner en caleçon. On dit qu’il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir et j’avoue que, appliqué au cas d’espèce, j’étais l’illustration parfaite de ce dicton. Je me voyais assez mal lui demander : « Ôte moi d’un doute, on est en couple? » mais les indices étaient clairs… Alors finalement, je me suis laissé porter sans réfléchir, sans penser à demain… J’étais bien avec lui et peu importait où cela nous mènerait : l’important n’est pas le but mais le chemin à ce qu’il paraît .

Nous avons continué comme ça pendant cinq mois mais, depuis une semaine, je n’avais plus de nouvelles et je n’ai pas insisté quand il n’a pas répondu à mon dernier SMS. Ce soir je l’ai vu dans un bar tenir la main d’un autre garçon. Nos regards se sont croisés, je lui ai souri et il m’a rendu mon sourire. Deux sourires francs, deux adultes qui se disent adieu. Une fin comme je les aime, en somme : sans heurts, sans haine, sans pleurs, sans drama!

On s’est aimés comme on se quitte
Tout simplement sans penser à demain
À demain qui vient toujours un peu trop vite
Aux adieux qui quelque fois se passent un peu trop bien

I got you

Le monde accélère sa course autour de moi : le temps s’écrit sur mes traits et sur mon corps, ce qui a fait mon adolescence et ma jeunesse est devenu has-been ou – pire – a disparu dans les méandres du temps qui passe et des mémoires. Autour de moi la vie a marqué les visages et les cœurs au gré des aléas de l’existence : mariages, naissances, divorces, décès, chômage, etc… Ils s’agitent vainement pour garder le rythme, pour ne pas perdre pied, pour rester dans la danse mais, parce qu’il y a toujours un mais, ils se fatiguent plus vite, sont moins alertes et malgré leurs efforts vont finir par ne plus y arriver. Alors ils resteront sur le bord de la route, devenus eux aussi des has-been ou des oubliés.

D’après ce que disaient certains adultes dans mon enfance, il paraît que « grandir » c’est renoncer à certains rêves et s’en créer de nouveau… Peut-on réellement faire confiance à toutes ces personnes, les mêmes qui nous disaient quand nous étions enfants que nous devions « nous tenir » et de « bien travailler à l’école pour avoir un bon métier » (comprendre un métier qui paye bien) ?

Dans huit mois, cela fera dix ans que je vis sur Paris et j’avoue ne pas avoir vu les années s’écouler! Je me lève le matin, je vais travailler, je suis aimable, je parle de sujet sensés… Suis-je devenu adulte sans m’en rendre compte? Peut-être mais je ne suis pas sûr car, si j’ai renoncé à mes rêves d’enfant (que voulez-vous, je me suis fait une raison, je ne serai jamais un chevalier en armure tueur de dragons), les rêves d’adultes ne m’intéressent pas. Devenir propriétaire de sa résidence, voyager dans des pays lointains juste pour pouvoir dire qu’on y a été, se marier, avoir des enfants, avoir une voiture… Très peu pour moi!

Alors parfois je me pose et je regarde la farandole passer. Je les vois rire, pleurer, aimer, se déchirer, etc… Et je ne les envie pas, ils ne m’amusent ni ne m’ennuient, ils me sont indifférents car je sais qu’un jour ils devront quitter la farandole et, quoi qu’ils fassent, quoi qu’ils entreprennent et quelques soient les choses qu’ils auront accomplies, ils seront condamnés à regarder passer les autres sans plus pouvoir se joindre à eux. Je ne suis pas comme eux, je me suis arrêté de mon plein gré… Je n’ai pas la force nécessaire pour engager un combat perdu d’avance.

Le monde accélère sa course autour de moi : le temps s’écrit sur mes traits et sur mon corps, ce qui a fait mon adolescence et ma jeunesse est devenu has-been ou – pire – a disparu dans les méandres du temps qui passe et des mémoires.

C’est la vie…

This World can put a hole in your soul sometimes
Put you at the end of your road
Sometimes you just break down
When this world tries to end you

The Labyrinth Song

Les photos permettent de suivre les grands événements d’une vie : des événements qui ne sont importants que pour ceux qui les ont vécus ou les personnes qui les aiment. Dans les vieux albums photos, les images en noir et blanc un peu jaunies et celles en couleurs aux tons un peu passés retracent sa vie.  Le temps s’écrit sur son visage au fur et à mesure que les années passent : petite fille à la moue boudeuse, adolescente rieuse, jeune fille souriante, jeune femme radieuse en robe de mariée, jeune mère couvant du regard une toute petite fille indifférente au photographe, mère de la mariée au visage impassible, jeune grand-mère qui tient la main d’un petit garçon dont l’ours en peluche est presque aussi grand que lui, vieille dame souriante pour l’anniversaire de ses 60 ans de mariage…

En rouge et blanc aux côtés de son mari en tenue militaire dans les années 50, en noir et blanc sortant d’une voiture dans les années 60, en dégradé de beige au bord de la mer dans les années 70, en gris dans les années 80, en bleu et blanc dans les années 90… Toutes les photos révèlent un goût prononcé pour la mode et l’élégance ainsi qu’une coquetterie que les années n’ont pas réussi à atténuer… Peut-être, sur les photos de ces dernières années, la coquetterie ne se traduit plus que par une trace de rouge à lèvres et une volonté de toujours associer les couleurs de ses habits.

La photo la plus récente date de l’automne 2016, elle montre un couple de personnes âgées souriantes pendant un banquet quelconque… Ce sera la dernière, seuls les événements heureux sont photographiés : les mariages, les naissances, les anniversaires, les fêtes de Noël, les vacances, les visites des amis,… Aujourd’hui, elle repose dans un lit d’hôpital dont elle ne sortira que pour être « couchée dans le jardin de pierres » comme disait Barbara. Vieille dame en bout de vie, fatiguée, émaciée, un peu capricieuse mais toujours attentionnée. Je tenais sa main et c’est encore Barbara qui m’est venue en tête  : « des mains belles encore, déformées,  les doigts nus. Comme sont nus, parfois, les arbres en novembre. »

Tout son corps semble devenu plus petit : sa main qui me semblait immense quand elle tenait la mienne pour aller faire une ballade, ses bras qui portaient l’enfant que j’étais, ses lèvres qui me regardaient en souriant ou en se serrant quand j’avais fait une bêtise…

Ma grand-mère va mourir et je n’arrive pas à me faire à cette idée!

Evening rises, darkness threatens to engulf us all
But there’s a moon above, it’s shining and i think i hear a call
lt’s just a whisper through the trees, my ears can hardly make it out
But i can hear it in my heart, vibrating strong as if she shouts

Catch the wind

Elle m’a demandé une semaine pour essayer, pour me faire changer d’avis et pour me prouver que ça pourrait être quelque chose de bien pour nous deux. Je ne sais pas pourquoi j’ai accepté, peut-être par lassitude de l’entendre me répéter cette sempiternelle question. Je n’imaginais pas que quelques jours me paraîtraient aussi longs, que je les vivrais comme une torture et que je n’aurais qu’une hâte : que tout se termine.

Je pensais avoir été clair quand nous avions décidé de faire un bout de chemin ensemble  : « OK mais chacun chez soi et c’est non négociable« ! Pourtant, au bout de six mois, elle commençait à parler de vie à deux. Je l’avoue, je n’ai rien fait pour la détromper : j’ai une fâcheuse tendance à passer outre les choses qui viennent se heurter à ma conception des choses. Je n’aime pas perdre mon temps en vaines palabres sur des sujets qui sont, pour moi, déjà réglés.

J’ai donc cédé et la dernière semaine de juin (semaine de notre anniversaire) je suis allé m’installer chez elle. Dès le troisième jour, j’ai compris que ce que j’arrivais à faire pour une journée ou un week-end, je ne pourrais pas le mettre en pratique plus longtemps. Alors j’ai été honnête avec elle : je lui ai dit que je n’y arrivais pas, que je l’aimais beaucoup mais que je ne me sentais pas prêt à vivre avec elle. Elle a relevé un seul mot de mes explications embarrassées… Je n’avais pas fait attention mais le « beaucoup » lui est resté en travers de la gorge et elle a démarré au quart de tour malgré mes vaines tentatives pour me rattraper. Alors j’ai laissé passer la tempête, je l’ai écoutée me larguer et je suis parti.

En rentrant chez moi, je me suis demandé pourquoi ça n’avait pas marché alors qu’elle n’est pas la première avec qui j’avais tenté l’expérience de la cohabitation. Et c’est à ce moment que je me suis pris de plein fouet la signification du sentiment diffus qui m’habitait depuis que nous étions en couple : je n’étais pas prêt à faire des concessions pour elle! J’avais toujours su au fond de moi que je ne l’aimais pas et que, même si je l’appréciais énormément, il n’y aurais jamais ce déclic qui nous fait dire : « Elle/lui c’est la bonne/le bon! ».

Je lui souhaite vraiment de rencontrer quelqu’un pour qui elle sera l’unique, qui fera tout pour elle et qui aura les mêmes aspirations qu’elle.

For standin’ in your heart
Is where I want to be
And long to be,
Ah, but I may as well try and catch the wind.